Coccinelle macro photographie

Coccinelle macro photographie

La macro photographie est une technique qui permet de photographier des sujets minuscules en les grossissant jusqu’à dix fois. Les sujets les plus courants sont les insectes, les araignées, les fleurs. La macrophotographie est aussi utile dans de nombreux domaines comme l’horlogerie, la mécanique, la philatélie….

L’ approche que je vais mettre en œuvre  sera naturaliste , ainsi ce sont les insectes, les fleurs, les gouttes d’eau et autres petits éléments naturels qui m’intéressent. Pour voir mes photos, allez dans ma galerie.

 

 

Le matériel de macro photographie.

Le matériel de macro photographie se constitue de l’appareil photo, d’un objectif macro (si possible) ou/et de bagues allonge ou encore de bonnettes. Comme accessoires utiles mentionnons par exemple un pied photo, un ou plusieurs flashs, des habits adaptés, une lotion anti-moustiques…nous détaillerons cela plus bas.

L’appareil photo.

Il n’est pas nécessaire d’investir une fortune pour faire de la macrophotographie. Toute sorte d’appareils comme un compact, un bridge, un hybride, un reflex permettent de réaliser de bonnes photos macro. Un compact ou un bridge  nécessiterons l’utilisation exclusive de bonnettes tandis qu’avec un hybride ou un reflex à objectifs interchangeable nous pourrons aussi utiliser des tubes allonge ou un objectif macro. Avec le zoom souvent très puissant d’un bridge et avec l’ajout d’une bonnette on obtient des grossissements particulièrement conséquents. 

Les bonnettes macro.

bonnette macro

Bonnette macro

La bonnette constitue le moyen le plus économique de faire de la macro. Ceci, à condition d’opter pour la qualité. Les bonnettes de qualité supérieure ont une influence très minime  sur la qualité finale de la photo. Contrairement aux bonnettes d’entrée de gamme, elles sont composées de deux lentilles et sont dites ” achromatiques “. Leur prix varie entre 50 et 100 euros l’unité selon les marques et leur taille. Ne vous laisser pas piéger par ces kits de bonnettes d’ entrée de gamme dites ” multi-couches”… Elles dégraderont l’image, apporterons des aberrations chromatiques, des distorsions. Vous serez, au final, frustré par la qualité des images obtenues.

Voici, par exemple,  l’excellente bonnette : MARUMI Achromat DHG 200 (5 dioptries)

Les bonnettes sont finalement des loupes et leur vergence ou grossissement est exprimé en dioptries. plus le nombre de dioptries est élevé plus le grossissement est fort.

Calculer le grossissement d’un ensemble objectif + bonnette :

Soit :

  • F = focale de l’objectif en mm ( en équivalent 24×36)
  • D = distance minimale de mise au point de l’objectif en mm
  • B = nombre de dioptries de la bonnette.

La formule est Grossissement = [(DxF):(D-F)] : [1000 : (B + 1000:F)] -1

Par exemple: mon zoom format 4/3 fait 12-60 mm ce qui au format 24×36 donne 24-120 mmm. La distance de mise au point mini est de 250 mm. La bonnette est de 5 dioptries.

Calcul : [(250×120) : (250 – 120)] : [1000 : (5 + 1000:120)] -1  ce qui es égal à (30 000 : 130) : (1000:13.3) -1 donc  (230.8 : 75)-1 ce qui donne un grossissement de 2:1…. ce qui est pas mal du tout !!!

Donc à bonnette donnée, le grossissement est d’autant plus fort que la focale de l’objectif est grand.

Conclusion sur les bonnettes :

Avantages :

  •  Le prix ( 50 à 100 euros pour un modèle haut de gamme
  • Pas de perte de lumière
  • Simplicité de mise en place
  • Aucun soucis de compatibilité
  • Faible perte de qualité pour les bonnettes haut de gamme
  • Utilisable sur les bridges et les compacts

Inconvénients :

  • Perte en qualité sur les modèles d’entrée de gamme

Les tubes d’allonge.

Tubes allonge

Tubes allonge

Les tubes d’allonge sont dépourvus d’éléments optiques. Ainsi, il n’apportent strictement aucune dégradation de la qualité d’image. Ils s’intercalent entre le boitier et l’objectif en augmentant le tirage ce qui permet de se rapprocher du sujet. Revers de la médaille, elles induisent une perte de luminosité, et la lumière en macro photographie, c’est souvent crucial ! Notez que les bagues d’allonge d’entrée de gamme ne transmettent pas les automatismes du boitier à l’objectif tandis que les modèles plus couteux, adaptés à votre boitier conservent les automatismes. C’est un point à vérifier avant tout achat.

 
 
Calcul du rapport de grossissement :

Le grossissement, G est égal à la longueur des bagues divisée par la focale de l’objectif.

Par exemple, avec un objectif de 50 mm (24×36) et des bagues d’un tirage de 48, cela donne 48/50 = 0.96 . Soit presque 1:1

Avec un objectif de 100 mm on obtient un grossissement de 0,5:1 . Un tel grossissement n’est plus vraiment de la macro photographie.

Donc, comprenez que les bagues allonge  sont adaptées pour les objectifs de courte focale contrairement aux bonnettes qui excellent sur un zoom ou un télé.

En conclusion sur les bagues d’allonge:

Avantages :

  • Prix raisonnable, compter 100 euros pour un jeu de bagues
  • Aucune perte de qualité

Inconvénients :

  • Nécessité d’enlever l’objectif pour la mise en place
  • Soucis de compatibilité selon le boitier, l’objectif
  • Pas d’automatisme sur les bagues d’entrée de gamme
  • Perte de lumière

L’objectif macro.

Objectif macro

Objectif macro

L’objectif macro est considéré comme le nec plus ultra pour faire de la macrophotographie. Sa formule optique donne des résultats optimums à tous les rapports de grossissement. De plus son ouverture maximale , souvent de f2.8 et son excellent piqué le rendent polyvalent pour faire aussi du portrait, du paysage, etc.

Ne pas confondre les ” vrais objectifs macro ” avec certains zooms estampillés ” macro ” à tord, sous prétexte que leur distance de mise au point minimale est faible. Avec de tels zooms, vous pouvez faire de la proxiphotographie, mais vous n’atteindrez jamais le rapport 1:1 ou plus d’un véritable objectif macro.

 
 
 
Conclusion :

Avantages :

  • Qualité optique
  • Polyvalence
  • Conservation des automatismes du boitier
  • Perte de lumière raisonnable
  • Facilité d’emploi

Inconvénients :

  • Le prix, compter 1000 à 1500 euros pour un bon objectif macro

La lumière en macro photographie.

La lumière est une notion d’importance en macrophotographie. Sa température de couleur s’exprime en kelvins (K) et varie du rouge orangé pour la flamme d’une bougie au bleu froid pour l’éclair d’un flash . Ainsi, la lumière rouge orangée est qualifiée de chaude tandis que la lumière bleutée est qualifiée de froide. Par ailleurs, on considère que la lumière du soleil délivrée à midi, sans nuages est blanche et fait 5500 K. Le contrôle de la balance des blancs que se soit sur l’appareil photo ou sur l’ordinateur permet de maitriser et de corriger la coloration de la lumière.

La lumière naturelle.

Il existe deux types de lumière naturelle : la lumière directe et la lumière réfléchie. La lumière directe est dure tandis que la lumière réfléchie adouci les ombres. Lorsque la lumière directe est trop  dure, soleil haut dans le ciel, les ombre marquées et l’ensemble trop contrasté nuisent à la qualité finale de la photo. Dans ces conditions nous réaliserons quand même de bons clichés si l’insecte est protégé de l’illumination  directe par des feuillages. L’idéal est la lumière rasante du matin ou du soir. Ainsi, nous devrons  nous lever tôt ou nous coucher tard pour bénéficier du plus bel éclairage que la nature peut offrir.

L’utilisation d’un réflecteur peut s’avérer utile. Il va permettre de simuler une source de lumière plus étendue et moins puissante et permettra de déboucher des ombres trop dures. La fabrication d’un réflecteur est très simple. Prendre un carton et le recouvrir de papier aluminium.

Le flash.

L’utilisation de flash intégré à l’appareil photo est possible. Toutefois ,assimilé à une source de lumière ponctuelle il provoque par conséquent  des ombres très dures. De plus l’objectif peut provoquer une ombre disgracieuse.

La solution : de diffuseur pour flash intégré que vous pouvez fabriquer vous même. Le diffuseur doit être le plus éloigné possible du flash, le bout de l’objectif étant l’idéal.

Voici un exemple de diffuseur :

Diffuseur de flash intégré

Diffuseur de flash intégré

Le flash cobra.
Flash annulaire

Flash annulaire

Voici une alternative au flash intégré à condition, bien sur, d’utiliser un diffuseur. Sa tête est orientable, sa puissance de diffusion est supérieure. De plus, par sa position surélevée il évite les ombres de l’objectif sur le sujet. Par ailleurs, ces flashs peuvent être combinés pour modeler la lumière, le flash maitre commandant le ou les flash esclaves.

Le flash macro.

C’est la Rolls des flash un  contexte de macrophotographie.  Il existe deux types de flash macro : le flash annulaire et le flash à têtes déportées. Le flash annulaire se distingue des autres par sa source de lumière fixée au bout de l’objectif. Ce flash est souvent composé de deux néons de part et d’autre qui seront réglés séparément et permettent ainsi un éclairage plus latéral.

Flash à têtes déportées

Flash à têtes déportées

 

Le flash macro à têtes déportées est composé de deux ensembles, le transmetteur et les têtes déportées. Toutefois, il coute deux fois plus cher que le flash annulaire.

 

 

 

 

 

 

 

La profondeur de champ ou zone de netteté.

En macro photographie la profondeur de champ ou zone de netteté est un élément crucial. En effet, plus le grossissement est fort plus la zone de netteté est réduite. De plus, se rapprocher du sujet réduit encore la zone de netteté. Fermer le diaphragme permet d’augmenter la zone de netteté mais cela se ait au détriment de la lumière entrant dans l’objectif, donc de la vitesse qui peut vite se révéler trop faible, provoquant un flou de bougé.

La netteté maximale doit en principe se situer sur les yeux de l’insecte ce qui demande beaucoup de soin et de précision lors de la prise de vue.

La fonction post focus.

La fonction post focus présente sur de nombreux appareils photo récents est fort pratique pour augmenter la zone de netteté. L’appareil  enregistre un petit film en 4K tout en faisant varier la mise au point à chaque image. Il suffit alors, dans lightroom par exemple d’extraire les images de sorte que les images extraites représentent la netteté souhaitée. Ensuite, combiner ces images dans un logiciel de focus stacking ( empilement d’images ) comme Helicon Focus.

Les limites de cette technique est que l’insecte ne doit pas être trop agité. En effet, le post focus dure environ 0,5 secondes et si l’insecte bouge dans ce laps de temps, c’est raté. En macro photographie il y a beaucoup de déchet, 90% en moyenne, il faut faire avec.

Ne pas confondre cette fonction avec le focus bracketing  présent sur certains appareils photo  qui consiste à prendre des photos en rafale avec une mise au point qui varie.

exemple de post focus :

Sur la photo de droite ( post focus ) la tige et les feuilles du fond sont bien nettes ce qui n’est pas le cas de la photo de gauche.

Voire ici des images réalisées en focus stacking.

Conseils pratiques.

Le matériel ne fait pas tout, loin de là. C’est le photographe, par sa discrétion, sa précision qui œuvre à la réussite d’un cliché.

Les vêtements.

Soyer discret, éviter les couleurs voyantes pour passer inaperçu. un tee-shirt à manches longues et un pantalon de couleurs noirs ou verts foncés feront l’affaire. Faute de quoi les insectes irons se cacher….

Accessoires photo.

  •  Le banc macro : Il permet se supporter un certain nombre d’accessoire, le plus souvent des flashs. Fabriquer son banc macro est assez simple. Il s’agit de réglettes métalliques que l’on fixe sous l’appareil photo par la vis prévue pour le pied.  Il ne reste plus qu’à fixer au dessus des extrémités des rotules pour flash.

La mise au point.

En macro photographie la mise au point doit être particulièrement précise. Elle se fait en manuel puis on avance ou recule légèrement le torse pour l’ajuster avec précision.

L’approche.

L’approche doit être féline. Éviter les mouvements brusques et amples, avancer lentement accroupi pour casser la forme “bipède” que les animaux, insectes  compris, repèrent de loin. Soyez vêtu de couleurs discrètes, vert sombre par exemple.

Éviter le flou de bougé.

En macro photographie, la lumière disponible, l’ouverture, la vitesse d’obturation sont les éléments clés d’un éventuel flou de bougé. La vitesse d’obturation limite en dessous de laquelle vous risquez le flou de bougé dépend de la longueur focale de l’objectif. Ainsi avec un objectif de 100 mm (équivalent 24×36) la vitesse minimale est de 1/100 s. Toutefois avec un appareil photo doté de la stabilisation on pourra descendre à 1/50s.

Lorsque le vitesse est vraiment trop faible, il reste l’utilisation d’un trépied, d’un monopode voir d’un bout de ficelle que l’on attache autour de l’objectif, que l’on maintient avec le pied en agissant par traction.

Les techniques au flash.

Le fill-in.

Le fill-in est une technique qui permet d’équilibrer la lumière naturelle et celle du flash, afin d’atténuer les ombres tout en conservant une lumière naturelle.

  • Choisir le diaphragme en fonction de la profondeur de champ voulue.
  • Vérifier que la vitesse ne soit pas trop lente pour éviter le flou de bougé, sinon, augmenter les ISO.
  • Mettre le flash en mode TTL et déclencher. L’éclair sera très bref faisant ressortir les détails du sujet tout en conservant une lumière globale naturelle.

En contre jour, l’arrière plan lumineux servira de référence au réglage de l’exposition, de la vitesse et le sujet sera sous exposé, l’éclair du flash venant corriger cela.

L’éclairage déporté.

Cette technique nécessite nécessite un transmetteur installé sur la griffe flash de l’appareil photo et d’un flash pouvant être déclenché par transmetteur. Ainsi, nous sommes libres, alors, de positionner le flash ou bon nous semble pour simuler une lumière latérale ou en contre jour.

Utiliser plusieurs flashs.

Avec plusieurs flashs les possibilités créatives sont encore plus grande. Utiliser un flash fixe et un flash déporté, deux flashs déportés un flash macro et un flash déporté…etc.

Conclusion.

Voila, vous avons fait le tour de cette discipline passionnante qu’est la macro photographie. N’hésitez pas à pratiquer en comptant pas mal de déchet, au moins 90% ce qui, avec les appareils photo numériques n’est pas un problème contrairement à l’argentique qui se révèlerait fort couteux.

Je vous souhaite une bonne chasse macro photographique !